samedi 4 octobre 2014

Synode, jour -1

Samedi matin, aéroport de Frankfort, en route pour Rome. 

Demain commence la troisième assemblée extraordinaire du Synode des évêques à laquelle je participerai à titre de président de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Je serai un de 114 présidents de conférences nationales, en plus des chefs des Églises catholiques orientales, des responsables des dicastères qui forment la Curie romaine, des délégués nommés directement par le Pape François, d'observateurs, d'experts et de délégués fraternels: plus de 200 participants, si je ne m'abuse. 

Vous en connaissez certainement le thème: Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation. On en parle beaucoup depuis novembre dernier alors que le secrétariat du Synode envoyait aux conférences épiscopales un questionnaire au sujet de ces défis pastoraux, invitant les évêques à procéder à une large consultation. Il faut rappeler que ce Synode ne fera que dresser la table pour le Synode général qui aura lieu l'an prochain sur le même thème. 

J'ai déjà eu l'honneur de participer à un Synode, celui sur le thème de l'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Église. C'était en 2005. Jean-Paul II l'avait convoqué et en avait fixé le thème, mais c'est Benoît XVI qui l'avait présidé. Je dois admettre que je n'avais pas été bombardé de lettres, de courriels, d'envois de livres et d'articles, de demandes d'interviews et de conseils de part et d'autre comme je le suis cette fois-ci. C'est signe de l'intérêt que suscite le thème, du suspense que provoque tout ce qui entoure le Pape François, du sérieux de l'enjeu de plusieurs questions qui y seront discutées. Il me semble que tout cela est de santé pour notre Église: l'échange de points de vue ne peut qu'enrichir notre réflexion et mieux orienter notre action auprès des familles d'aujourd'hui.

Assis devant cette grande fenêtre à regarder le soleil levant briller dans les hublots des avions qui arrivent et partent de Frankfort, j'essaie de cerner ce qui m'habite en ce moment. Si je suis honnête, je dois avouer que je me sens un peu débordé. Débordé par la tâche d'évêque diocésain qui est la mienne, par les responsabilités que j'essaie d'exercer dans un diocèse qui, comme tant d'autres, tente de se frayer un chemin d'Évangile dans la modernité qui est la nôtre. Cette semaine, je me suis retrouvé à tenter d'éteindre de nombreux petits feux: découragement de certains, déceptions d'autres, frustrations ici, incompréhensions là. Je n'arrive jamais à me mettre à jour dans la correspondance et les courriels. En plus de cela, j'ai une amie qui est proche de la mort. Elle est trop jeune, trop jeune.  

Je lis des articles très sérieux, très étoffés, au sujet des questions à étudier au Synode, et je voudrais prendre une année sabbatique rien que pour approfondir la théologie du marriage, la pastorale de l'accompagnement, le droit procédural ecclésial et la spiritualité. J'en ai tellement à apprendre.

Oui, je me sens débordé... et petit. Qui suis-je pour parler au nom des évêques du Canada dans cette auguste assemblée, alors que nous avons eu si peu de temps pour nous écouter les uns les autres sur ces sujets si importants? Mon expérience est si limitée, mon point de vue si partiel...

Mais voilà, il faut bien que quelqu'un y soit, que quelqu'un prenne la parole et engage le dialogue. Et, comme pour Matthias, le sort est tombé sur moi. Je dois donc me mettre sérieusement à la recherche de la volonté de Dieu sur moi, dans la prière, l'humilité et l'écoute. Et pour cela, je compte sur vous, amis lecteurs et lectrices: accompagnez-moi, accompagnez-nous tous, par votre prière quotidiennes au fil des deux prochaines semaines. Prions les uns pour les autres afin que tout le Peuple de Dieu puisse saisir ce moment pour réfléchir à nos familles, aux familles qui nous entourent, aux familles de la terre: puissions-nous relever ensemble les défis qui sont nôtres aujourd'hui 'dans le contexte de l'évangélisation'.

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